TOME 2

Présentation :

Philippe, un mathématicien entouré de femmes dynamiques, a raconté dans une longue lettre comment il avait perdu la tête. Alors qu’un éditeur accepte de publier sa confession, il rencontre un étudiant proche d’un médecin militaire en charge de la guerre bactériologique…
Les personnages de Minuit Douce en profitent pour prendre la parole. Certains ne se privent pas de nuancer ou corriger les propos de Philippe.
Le lecteur va pouvoir se forger sa propre opinion …

Extraits :

Manuel : Quand nous avons hissé Philippe à bord, il a poussé des gémissements insupportables, et je me suis dit in petto :
J’espère qu’on ne va pas l’achever en le chargeant ainsi.
C’était ma première évacuation sanitaire avec un passager en si mauvais état. J’ai pensé qu’il pouvait mourir en vol, mais je n’y pouvais rien. Quel que soit son état, ma tâche était de l’amener le plus rapidement possible vers une structure médicale. Et dans tout le pays, vu son état, il n’y avait qu’à Bangui où on pourrait s’occuper de lui efficacement.
Le jour s’est levé juste avant le décollage. Virginie, à côté de moi, n’arrêtait pas de se retourner pour voir comment allait son collègue. Les quelques secousses avant que l’avion ne quitte le sol bosselé lui ont encore arraché des cris de douleur. Puis je crois qu’il s’est évanoui ou endormi. Virginie surveillait s’il respirait régulièrement, ce qui était le cas.
Pendant la montée, le soleil s’est levé. Le spectacle était magnifique, avec le gros disque rouge qui montait sur la savane. Mis à part le gisant sur la banquette arrière, ça aurait pu être un voyage très agréable. Il faisait un temps magnifique, l’avion ronronnait tranquillement, et je discutais avec une jolie passagère.

Virginie :
̶  C’est vrai que je l’ai invité à rester dans ma case pour le reste de la nuit. Il a partagé mon lit pendant quelques heures, c’est exact. Mais il ne s’est pas passé grand-chose, je vous assure.
Voulez-vous reprendre du thé, des gâteaux ? C’est moi qui les ai faits.

J’ai réalisé à ce moment que cette petite mamie gâteau, si bien élevée, si gentille, et si affable, avait quand même tué un homme de sang-froid. Sauf si Philippe avait là aussi affabulé …
̶  Je suis flattée que quarante ans après, il ait inventé cette romance avec la très jeune femme que j’étais. Je tiens à préciser que je ne lui ai jamais tendu de piège, ni forcé la main.

Philippe : Alors j’ai eu une autre idée.
̶  Encore une ! a souligné Bianca en levant les yeux au ciel quand je lui ai raconté la réaction d’Elisabeth.
J’ai récupéré l’enquête de Jean-Baptiste, et je l’ai emmenée à Apt pour la montrer à Louis, mon éditeur.
Il n’avait pas le temps de lire ça, il était débordé. Il venait de recevoir une caisse de livres dont les couvertures étaient imprimées à l’envers. Je lui ai dit que c’était très important, la vie d’un jeune homme en dépendait peut-être.
Lui aussi a levé les yeux au ciel.

Elisabeth : Le douanier a jeté un coup d’œil pour s’assurer que ses collègues étaient hors de vue, et il a ajouté à voix basse dans l’obscurité :
̶  Il y a probablement une gamine au niveau de l’embranchement vers les Acles. Elle est cachée sous un gros sapin à droite du chemin en montant. J’ai fait taire Maïka. Des gendarmes patrouillent plus bas. Dans une demi-heure, je vais tous les attirer à l’ouest du torrent. Quand vous entendrez le ramdam, récupérez-là et redescendez sur ce chemin.
Il a repris à haute voix :
̶  Continuez à monter si ça vous chante, il n’y a rien pour vous ni pour nous par-là !
Et de nouveau à mi-voix :
̶  D’autres gendarmes ont établi cette nuit un barrage aux Crots. Pour les éviter, quittez la nationale avant Embrun et passez par Puy-Sanières.
Christian a répondu à haute voix :
̶  Bonne nuit, Paul !
Puis à voix basse :
̶  Merci mon ami, le bonjour à Henriette.
D’un pas rapide de montagnard, Paul est parti rejoindre ses collègues.

Jean-Baptiste : Elle m’a aussi alerté sur la conduite à tenir si j’avais le moindre symptôme… Ça pouvait être de la fatigue, de la fièvre, de la toux ou de la diarrhée. Dans ces cas-là, je devais la prévenir immédiatement.
̶  Madame, euh, je veux dire Maud, ne vous inquiétez pas. Si c’est comme une grippe, je prendrai une aspirine ou du doliprane. Et je ferai attention de ne pas vous rencontrer tant que tout ne sera pas rentré dans l’ordre.
̶   Ecoutez Jean-Baptiste, le médecin c’est moi.
Elle ne souriait plus du tout.
̶  Ce virus est insidieux. Et surtout, je pense que l’aspirine comme le doliprane sont vraiment contre-indiqués car ils peuvent aggraver brutalement la maladie. Donc je répète, si vous aviez des symptômes, même anodins en apparence, vous m’appelez. J’aviserai alors comment nous ferons. Mais sachez que j’ai de quoi vous soigner.

Dinamo :
̶  Je tiens à préciser que jamais Save the World n’a envisagé ni à fortiori préparé un attentat contre une centrale nucléaire ou un centre de recherche atomique. Nous sommes très attentifs à la sécurité et à la santé de tous. La description d’une rencontre avec un cadre du CEA pour étudier une action pouvant mettre en danger des personnes ou l’environnement est totalement inventée. Je nie absolument y avoir pris part.
̶  Mais alors, comment expliquez-vous tous les détails du livre sur vos deux rencontres avec Natacha et Philippe, la première à une terrasse de café et la seconde au domicile de Natacha ?
̶  Je vous le répète, je n’ai jamais rencontré cette Natacha, ni un autre membre du personnel du centre atomique, afin d’obtenir des renseignements sur la sécurité du site nucléaire.

Natacha :
̶  La narration de Philippe n’engage que lui. C’est une belle histoire. Où j’ai un rôle un peu trouble, pas désagréable. Il me présente un peu comme une femme fatale, en tout cas beaucoup plus que je ne le suis… [petit rire]
Je n’ai jamais rencontré ce Dinamo que Philippe décrit. Ni encore moins ne l’ai invité chez moi. Et je n’ai, bien entendu, jamais donné d’information à qui que ce soit, même au plus beau garçon du monde, pour qu’il puisse préparer un attentat contre le site de Cadarache.
̶  Donc vous niez avoir rencontré Dinamo chez vous ?
̶  Absolument. Il n’est jamais venu chez moi. Je n’ai jamais eu rendez-vous avec lui à une terrasse de café, ni ailleurs.

Marcus : C’était une adulte plus âgée et surement plus expérimentée que moi. Il me semblait même avoir entendu qu’en cours, elle avait parlé de sexe avec un garçon de terminale. Mais, la voir à mes côtés, souriante et qui s’intéressait à moi, m’empêchait de réfléchir. Je me suis arrêté de me poser des questions et me suis dit :
̶  Laissons les choses se faire d’elles-mêmes, ça a l’air bien parti en tout cas.
Pendant ce temps-là, la prof d’anglais me guidait vers un coin reculé du parking en me disant :
̶  Viens, nous serons tranquilles pour discuter par ici.
Elle s’est appuyée dos à une voiture et m’a fait signe d’approcher.
Comme elle ne parlait pas, qu’elle avait l’air de plus en plus alanguie, je me suis demandé si je devais lui dire quelque chose ou si je devais tenter de l’embrasser.
Elle m’a chuchoté :
̶  Donne-moi ta main.
Ce que j’ai fait en me penchant vers elle.
Je n’ai pas eu le temps de dire ouf !

Maryse :
̶  Qu’est-ce qu’il dit, que je fais vieille ! Une vieille qui ne devrait pas avoir un si beau boule ! Mais je rêve ! S’il a envie de laisser son corps se dégrader avec l’âge, c’est son problème. Et nous les femmes, on devrait devenir laide et quelconque quand on vieillit. Ca éviterait à monsieur Petit d’avoir à se poser des questions ? Les jeunes femmes devraient avoir un joli physique, être attirantes, et, disons ce qu’il n’a pas osé dire, baisables ! Et à partir d’un certain âge, – lequel d’ailleurs, je vous le demande ? – il faudrait qu’on soit moche et repoussante ?
̶  Et vous avez vu, avec la petite Gilliot, quel culot !
« Elle n’est pas attirante, il n’y a rien de remarquable chez cette nana ! »
Mais est-ce qu’on lui demande son avis à monsieur Petit ? Il est censé enseigner les maths ici, pas noter les miss Maria Borelly qui n’ont pas demandé à participer à son défilé. On s’habille comme on veut quand même !

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